George Sand - La Marquise

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Je poursuis mon voyage livresque dans l'œuvre de George Sand avec La Marquise, une nouvelle publiée le 9 décembre 1832 dans La Revue de Paris. Je l'ai acheté en seconde main, en format poche aux éditions Babel. Ce livre comporte d'autres textes comme vous pourrez le voir sur la couverture.

L'histoire : Au crépuscule de sa vie, la Marquise, 80 ans, raconte son histoire à un jeune interlocuteur, qui sous la plume de George Sand est le narrateur. Elle vient d'apprendre la mort du vicomte Larrieux, avec qui elle a entretenu une longue relation. La Marquise veut taire les "on-dit" et les commérages qui ont couru toute sa vie. Elle rétablit sa vérité, la vraie histoire de son existence.

Après un mariage à 16 ans avec un homme plus âgé, elle confie avec sincérité "Je pris les hommes en aversion et dégoût" (page 28), pourtant elle entretient avec le vicomte Larrieux, une relation qu'elle ne s'explique pas : "... Pendant soixante ans il a fait mon tourment et ma satiété. Par complaisance, par faiblesse ou par ennui, je l'ai supporté. Toujours mécontent de mes répugnances, et toujours attiré vers moi par les obstacles que je mettais à sa passion, il a eu pour moi l'amour le plus patient, le plus courageux, le plus soutenu et le plus ennuyeux qu'un homme ait jamais eu pour une femme..."(page 35)

Puis, elle revient sur cet amour fou pour un jeune acteur de théâtre, qui lui procurait mille émotions. Un amour platonique ! ..."Une fois, une seule fois dans ma vie, j'ai été amoureuse, mais amoureuse comme personne ne l'a été, d'un amour passionné, indomptable, dévorant, et, pourtant idéal et platonique s'il en fut..." (page 38).

Cette nouvelle composée de trois chapitres, raconte l'existence d'une femme qui est passée, par ignorance, à côté de beaucoup de choses dans sa vie. Elle a subi sa condition de femme, n'a pas su se dresser face à l'emprise des hommes. La Marquise semble ne rien regretter, elle reste sincère, lucide face à ses souvenirs de vieille dame, consciente d'être passée à côté de quelque chose, de sa vie peut-être.

Cette histoire se déroule au 19e siècle, à cette époque, après l'insouciance de l'enfance, les jeunes filles devaient se marier, avoir des enfants. On ne parlait pas d'amour dans un couple mais de mariage arrangé, convenu. Les femmes se trouvaient sous la coupe d'un mari, prisonnière de leur indépendance. En refusant de se remarier, la Marquise affirme sa personnalité même si les autres la dénigrent, elle choisit son amant pour taire les commérages. Elle a su trouver SA liberté.

Dans cette nouvelle, George Sand montre son engagement envers les femmes, la force de certaines qui osent braver les coutumes de la haute société. L'argent ne fait pas le bonheur, il n'achète pas le sentiment amoureux, la vibration du coeur. L'argent permet à un homme et une femme de devenir un couple, de se marier, de fonder une famille, de parader en société, mais aucunement de s'aimer.

La Marquise a eu, malgré tout, une vie heureuse, qu'elle regarde avec une certaine tendresse et beaucoup de lucidité.

Ma prochaine lecture, en juillet 2026, sera Les ailes du courage, de George Sand.

N'hésitez pas à laisser en commentaire vos retours de lecture sur un livre de la dame de Nohant.

 

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Publié dans Mes lectures 2026

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