Sigri Sandberg - A la rame

Publié le

Un long voyage jusque chez moi. Un long voyage, à la rame, pour être avec soi, avec son histoire et celle du Sognefjord, de ses habitants. Un voyage au fil de l'eau pour trouver sa place dans le monde qui nous entoure.

Après l'Eloge de l'obscurité, publié en 2021 aux éditions Noir sur Blanc, l'autrice norvégienne, Sigri Sandberg, revient avec un récit lumineux, une ode à la douceur, A la rame - Un long voyage jusque chez moi.

***

Présentation du livre : On peut avoir une vie pleine et riche et ressentir une irrépressible envie de s'évader pour vivre autre chose, pour vivre autrement. C'est ainsi qu'un jour, Sigri décide de répondre à l'appel du fjord. A ses côtés, nichés dans sa vieille barque en bois, nous parcourons les deux cents kilomètres du plus grand fjord norvégien, le Sognefjord. Tout y est bouleversant, majestueux. De l'embouchure où elle a vécu enfant jusqu'à l'intérieur des terres où elle vit désormais, Sigri rame parfois seule, parfois accompagnée des siens. Toujours en osmose avec cette somptueuse nature alentour, l'autrice affronte les vagues comme les drames, se délecte des eaux calmes, de l'écho de sa voix contre la roche et de la douceur d'une baignade.

Mêlant descriptions naturalistes, cheminement intérieur et histoire du fjord, son récit ne cesse de nous poser une question : fait-il toujours partir pour trouver sa place ? (Extrait du communiqué de presse)

*

Avant d'embarquer au côté de Sigri Sandberg, il fallait que j'évoque ma rencontre livresque avec A la rame. Je partage régulièrement mes lectures des livres publiés par Dalva Editions, surtout les autrices étrangères, car leurs histoires sont puissantes, ma sensibilité de lectrice est séduite, nourrit de ces récits. En recevant la lettre de Dalva avec de nouvelles propositions, j'ai choisi Sigri car j'ai une âme voyageuse, j'aime partir par procuration vers l'ailleurs et je voulais vivre son cheminement, partager son bateau pour comprendre son histoire.

*

Je vais constamment d'une mauvaise conscience à l'autre, et je perçois dans mon corps les échos d'un sentiment qui pourrait bien être le mal du pays. Car où est ma place ?

Plus le monde et moi allons mal, plus il me paraît important de respirer dans un paysage que j'ai connu autrefois, de sentir le vent, de contempler la mer, de soulever les avirons et de faire connaissance avec le reste du fjord, de trouver un chez-moi avant que le reste ne m'échappe. Ou quelque chose dans ce goût-là. A ce stade, je ne suis pas capable de l'expliquer mieux. (extrait pages 12 et 13)

*

Deux cents kilomètres parcourus à la rame, sur le plus grand fjord, pour se retrouver soi-même, avec son enfance passée ici à suivre sa mère pasteure, en multipliant les rencontres, en racontant les histoires de ces villages, de ces habitants. Sigri nous raconte ce qui se passe dans sa tête, les paysages qui se présentent à ses yeux, sa vie avec ses enfants, avec mon homme ainsi appelle-t-elle affectueusement son compagnon. On se laisse porter par le glissement de la barque sur l'eau. C'est apaisant. Même si notre propre existence ne ressemble pas à celle de Sigri Sandberg, on comprend son cheminement, son besoin de partir sur les premières traces de sa vie.

Les efforts physiques suscités par les mouvements pour ramer, en concordance avec son binôme, la force, l'endurance et ce duel mené avec l'eau agitée, les vents, les courants, font la course avec l'appel aux souvenirs, à l'histoire de ce fleuve. L'effort de mémoire, l'effort d'écriture, aussi, pour nous partager ce cheminement, cette volonté de comprendre qui nous sommes dans un endroit précis.

A la question : faut-il toujours partir pour trouver sa place ? Je dirais qu'il faut, comme Sigri, mettre sa vie sur la bouton pause. Le monde va tellement vite, fait tellement de bruit et si violent, que notre besoin de tranquillité est grand pour mener à bien nos réflexions.

Lors de ma lecture, j'ai relevé onze passages qui ont su résonner en moi comme la douce musique des rames qui plongent dans le fleuve et le ruissellement de l'eau quand elles se relèvent par la force de Sigri Sandberg.

*

La nature et les forces de la nature sont dépourvues de qualités humaines, elles ne nous voient pas, elles ne nous protègent pas, elles ne nous jugent pas non plus. Issue favorable ou défavorable, tout repose entièrement sur nous. (Extrait pages 173 - 174)

*

Ce récit de nature writing est intéressant, lumineux, car il nous amène à prendre le temps, à contempler le monde avec ces paysages, flamboyants, par le bonheur qu'ils nous procurent. La beauté des paysages se conjugue avec la beauté de l'âme.

Sigri Sandberg - A la rame. Traduit par Céline Romand - Monnier.

Editions Dalva, février 2026. Service de presse.

 

Publicité

Publié dans Mes lectures 2026

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article